Implantée sur une ancienne friche urbaine, cette opération de 58 logements participe à la transformation d’un site délaissé en un nouveau lieu de vie ouvert, apaisé et généreusement paysagé. Composé de 32 logements intermédiaires et de 26 logements en béguinage, le projet développe une réflexion sur la diversité des formes d’habitat afin d’offrir des réponses adaptées à différents parcours résidentiels, tout en construisant une identité urbaine cohérente.
Le projet s’organise autour de deux entités complémentaires qui dialoguent sans se confondre. En façade sur les voies publiques, les logements intermédiaires structurent le quartier par une implantation lisible et une volumétrie maîtrisée. En retrait, le béguinage développe une composition plus intime, organisée autour d’un vaste jardin central. Cette hiérarchie des espaces permet d’accompagner progressivement le passage de la ville vers un environnement résidentiel plus calme, où le paysage devient un élément fédérateur.
Le cœur du béguinage constitue la véritable pièce maîtresse du projet. Inspiré de l’organisation traditionnelle de ces ensembles résidentiels, il privilégie les mobilités douces, les rencontres spontanées et le partage des espaces extérieurs. Les cheminements sinueux, les placettes et les plantations composent un paysage habité qui favorise les échanges tout en préservant l’intimité de chacun. L’espace collectif n’est pas conçu comme un simple lieu de passage, mais comme un prolongement naturel du logement.
L’architecture privilégie une expression sobre et durable, en harmonie avec le paysage résidentiel du Calaisis. Les volumes, aux proportions équilibrées, sont coiffés de toitures à deux pans qui prolongent les silhouettes traditionnelles du territoire. Les bâtiments intermédiaires adoptent une écriture plus contemporaine tout en conservant les mêmes principes de simplicité, de lisibilité et de pérennité. Cette continuité architecturale permet d’unifier l’ensemble tout en affirmant la spécificité de chaque séquence bâtie.
Chaque logement bénéficie d’un véritable prolongement extérieur - jardin, terrasse ou balcon - favorisant une relation quotidienne avec le paysage. Les orientations, les vues dégagées et la présence permanente du végétal contribuent au confort d’habiter et renforcent le sentiment d’appartenance à une communauté résidentielle à taille humaine.
La reconquête de cette friche s’accompagne d’une démarche environnementale globale intégrant la désimperméabilisation des sols, l’infiltration naturelle des eaux pluviales et une végétalisation généreuse. Cette approche permet de transformer un ancien site artificialisé en un quartier résilient où l’architecture, le paysage et les usages sont pensés comme les composantes d’un même projet.
Plus qu’un programme de logements, cette réalisation propose une nouvelle manière d’habiter Marck-en-Calaisis. En associant habitat intermédiaire et béguinage dans une composition unifiée, elle démontre que la qualité architecturale naît autant de la justesse des espaces collectifs que de celle des bâtiments eux-mêmes.
Le mot de l'architecte
Nous avons souhaité concevoir un lieu où chacun puisse trouver sa place, tout en appartenant à une communauté de voisinage. Le paysage est le fil conducteur du projet : il relie les bâtiments, accompagne les déplacements et crée les conditions d’un cadre de vie serein. L’architecture s’efface parfois pour laisser s’exprimer les usages, convaincus que la qualité d’un quartier se mesure avant tout à la qualité de la vie qui s’y développe.