À la lisière du tissu urbanisé de Dury, le projet compose avec une situation particulière : celle d’un territoire où la ville rencontre progressivement le paysage. Plutôt que d’introduire un ensemble résidentiel compact, l’opération choisit de prolonger cette échelle domestique en répartissant 31 logements, dont 27 collectifs et 4 individuels, dans plusieurs volumes de faible hauteur.
L’enjeu est moins de construire un ensemble de logements que de créer un véritable morceau de quartier, capable d’offrir les qualités de l’habitat individuel tout en proposant une forme résidentielle plus collective. Les bâtiments s’organisent autour de cheminements, de jardins et d’espaces plantés qui accompagnent naturellement les parcours et installent une relation quotidienne avec le paysage.
La fragmentation du programme permet à chaque construction de conserver une échelle familière. Les volumes, volontairement simples, alternent brique rouge et bardage bois, deux matériaux qui donnent au projet son identité et l’inscrivent naturellement dans son environnement. La brique apporte la permanence et l’ancrage ; le bois introduit une matière plus chaleureuse, dont le vieillissement participe à la vie du bâtiment. Leur association permet de différencier les séquences bâties sans rompre l’unité de l’ensemble.
Cette attention portée à l’échelle se retrouve dans les logements. Les rez-de-chaussée bénéficient de jardins privatifs tandis que les étages s’ouvrent sur de larges balcons. Projetés en façade comme de véritables pièces extérieures, ceux-ci prolongent les espaces de vie et offrent aux habitants une relation directe avec le jardin et le paysage.
Le métal galvanisé des garde-corps et des structures légères introduit un troisième registre, plus précis et contemporain. Les pergolas qui accompagnent les terrasses dessinent une épaisseur devant les façades : elles filtrent la lumière, donnent une échelle aux espaces extérieurs et permettent progressivement à la végétation et aux usages de prendre possession de l’architecture.
Mais la qualité résidentielle se construit également entre les bâtiments. Les cheminements ne sont pas traités comme de simples dessertes : ils traversent des séquences plantées, longent les jardins et ménagent des ouvertures vers le paysage environnant. La végétation accompagne les pieds de façade et atténue la présence des stationnements, donnant à l’ensemble une atmosphère de quartier jardin.
À Dury, le collectif ne cherche ainsi jamais à prendre l’apparence d’un grand ensemble. Par la faible hauteur des constructions, la fragmentation des volumes, la présence du végétal et la générosité des espaces extérieurs, le projet propose une manière plus intime d’habiter ensemble, à mi-chemin entre la maison et le logement collectif.
Le mot de l'architecte
Nous avons voulu retrouver dans le logement collectif certaines qualités que l’on associe spontanément à la maison : une échelle familière, un jardin ou une terrasse, une relation directe avec l’extérieur et la sensation d’habiter un lieu identifiable. À Dury, l’architecture s’efface volontairement derrière cette ambition. La brique, le bois, le métal et le paysage composent un cadre simple et durable, destiné avant tout à être habité et progressivement approprié par ses habitants.